le 17 mars, 2009–Communiqué de Presse
Montréal, Territoire Mohawk / -Depuis le rallie de Walk4Justice sur la colline du Parlement en septembre 2008, cinq femmes amérindiennes ont disparu au Québec. Le corps de Tera Jolly, 16 ans, a été récupéré il y a un peu plus d’une semaine à Waskaganish, tandis que les autres cas restent non-résolus.
Le rallie de septembre a marqué la fin d’une marche de 90 jours de Vancouver à Ottawa dirigé par des femmes et des hommes autochtones. Le but de la marche était de mettre de la pression sur le gouvernement canadien pour le forcer à agir.
Sept ans après le meurtre de la fille de 24 ans de Sue Martin, aucune condamnation.
« Elle était traitée comme un sac d’ordures », dit Martin lorsqu’elle parle de la gestion du cas de sa fille. « Elle n’était pas un sac d’ordures. Elle était une mère, une sœur, une tante, une amie. »
Les femmes autochtones vivant au Canada ont cinq fois plus de chance de mourir d’une mort violente comparée aux autres femmes, selon une statistique du gouvernement du Canada. Une étude par l’Association des Femmes Autochtones du Canada a conclu que 510 filles et femmes amérindiennes ont disparu ou ont été assassinées depuis 1980 et demande une stratégie d’urgence. Quelques militant(e)s spéculent que le nombre de disparues est beaucoup plus élevé puisque plusieurs cas ne sont pas reportés, souvent du au manque de confiance entre les communautés des Premières Nations et de la police.
La conférence de lundi par Beverly Jacobs, la présidente de l’Association des Femmes Autochtones du Canada, éclairera les causes de la violence contre les femmes amérindiennes, telle que la Loi sur les Indiens, et la répression des systèmes de valeurs matriarcaux.
Mardi, le soir suivant, Jacobs, Ellen Gabriel de Femmes Autochtones du Québec et trois femmes de la réserve de Kitigan Zibi, seulement quatre heures de Montréal, vont partager leurs histoires personnelles de perte et leurs expériences avec la police et les médias. Plusieurs autres familles des Premières Nations, dont une de Kahnawake, seront aussi présentent pour raconter leurs histoires et discuter d’un plan d’action.
Amnesty International a donné à Ottawa un délai d’un an pour sortir un rapport sur le statut de plus de 500 cas qui « n’a jamais fait état d’une enquête complète et n’ont jamais eu priorités, tandis que les auteurs des crimes restent impunis. »
Jacobs déclare que « s’il y avait 510 femmes autochtones disparues et assassinées au Canada cela se traduirait à 18000 femmes à travers la population blanche de Canada. »
« S’il y avait 18000 femmes blanches disparues et assassinées, ce serait à la une des journaux, » dit-elle. « Il y aurait quelque chose de fait immédiatement. »