Déclaration d’intention


Missing Justice ou Justice Manquante est un collectif basé a Montréal qui se bat au coté des familles, des militants, des communautés et des organisations Autochtones, et ce afin d’obtenir justice et réparation pour les femmes Autochtones disparues et assassinées du ‘Québec’ et du ‘Canada’.

La violence sexiste et raciste contre les femmes Indigènes du Canada est un problème permanent dont les racines sont anciennes. La Loi sur les Indiens, l’Indian Act, souvent montrée du doigt comme l’une des pièces les plus racistes et sexistes de législation dans le monde, ainsi que des programmes d’assimilation forcée, comme les écoles résidentielles, ont contribué de façon significative a une société dans laquelle les femmes Autochtones sont au moins cinq fois plus susceptibles que les autres Canadiennes à mourir de mort violente.

Une étude récente de l’Association des Femmes Autochtones du Canada a constaté que de nombreuses victimes sont ciblées simplement parce qu’elles sont Autochtones, et que leurs assaillants supposent qu’elles ne se défendront pas, ou encore qu’elles ne manqueront a personne.

Ce niveau disproportionné de violence doit être mis dans le contexte d’une stratégie coloniale qui a cherché à déshumaniser les femmes autochtones, et ce dans le but ultime de s’approprier les terres et ressources des Premières Nations. Des premiers marchands de fourrure en passant par l’agriculture et l’énergie hydro-électrique, le pétrole, l’uranium et l’extraction minière, le vol des terres et son cortège de violence continuent d’alimenter l’économie canadienne.

Des siècles d’empiètement sur les territoires Autochtones, phénomène qui continue encore aujourd’hui, est une cause directe des taux anormalement élevé de pauvreté subis par les Autochtones vivant dans les villes ou dans les réserves. Les femmes sont parmi les plus vulnérables au sein de cette population déjà marginalisée.

Depuis les années 1980, il y a eu, selon les sources, entre 582 et 3000 cas de disparitions et d’assassinats de femmes Autochtones au Canada. Les raisons de cette disparité statistique sont largement dues aux rapports incomplets provenant des forces de l’ordre, a une faible couverture médiatique, et, enfin, a un manque d’intérêt du gouvernement.

Un nombre disproportionné de cas restent sans réponses en raison du racisme systémique retrouve au niveau gouvernemental, judiciaire, policier, dans les médias, et, par extension, dans la société canadienne dans son ensemble.

Missing Justice cherche à sensibiliser le public et le monde politique à travers une éducation sensée, des actions directes, et la création de coalitions, tout ceci avec l’aval et l’appui des familles, des militants, des communautés et des organisations des Premières Nations.

Dans un esprit de solidarité collective, nous nous efforçons de soutenir et de réitérer les demandes déjà formulées par des militants Autochtones, les familles des victimes, les organisations Autochtones et certains organismes internationaux dont l’ONU et Amnesty International. Nous demandons une enquête publique, un financement adéquat pour la recherche, un soutien appuyé aux centres pour femmes autochtones, et une formation respectueuse et non-oppressive de la police.

En plus d’appeler à une action immédiate pour lutter contre la violence faite aux femmes Autochtones, Missing Justice appuie la lutte des Premières Nations pour l’autodétermination. Nous reconnaissons le lien direct entre la violence envers les femmes Autochtones et la lutte des Premières Nations contre l’appropriation des terres, l’assimilation forcée et la pauvreté, qui sont fondées sur la notion que la société doit s’appuyer sur le gain monétaire et les valeurs patriarcales.

De manière générale, nous estimons que des changements positifs peuvent être obtenus. Nous pensons être à un tournant décisif. En utilisant tous les moyens a notre portée, nous devons prendre la responsabilité de ces changements ensemble.

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